Dans les ballets de danse classique, il y a toujours une très jolie danseuse galbée dans un très joli tutu, puis portée par son partenaire. Dans ce spectacle, c’est à peu près à la même chose… à une différence : ici, ce ne sont que des hommes qui dansent. Six hommes, déguisés en danseuses la plupart du temps qui revisitent les codes de la danse, du classique au hip-hop, en passant par le houla-hop et le cirque.

Philippe Lafuille signe ici un spectacle burlesque, où tout ce qu’on croit connaître sur la danse, se révèle chamboulé. Lorsqu’on découvre qu’on peut effectuer des figures de hip-hop sur du Vivaldi, on est surpris. Mais pas que.

On se dit alors que pendant des décennies, voire des siècles, les codes ont été toujours un peu plus normés. Les univers ne se mélangeaient pas aux autres. Et Tutu prouve ça et change ça. Le chorégraphe explique aussi que son spectacle est avant tout une comédie loufoque. Certes, mais une comédie critique, dénonciatrice et surtout portée par d’excellents danseurs.

On remarquera les prouesses techniques, aussi bien sur du tango, du cha-cha ou que de la voltige. On s’esclaffera sur la parodie de Danse avec les stars et les juges qui “achètent”. On applaudira le porté de Dirty Dancing. On admira la poésie et la rigueur sur de l’improvisation contemporaine. Bref, on sera embarqué dans ces histoires qui racontent toutes des valeurs de la vie.

Ma note : 8,5/10

Tutu, à Bobino puis en tournée dans toute la France et en Europe.

© Michel Cavalca