Les Chatouilles

Les critiques sont unanimes. Dans la presse, sur les réseaux sociaux, tout indiquait qu’il ne fallait en aucun cas rater Les Chatouilles. On rejoint ces remarques. Il faut courir applaudir Andréa Bescond, d’autant qu’elle est nominée aux Molières 2016 dans la catégorie révélation féminine.

Fillette abusée pendant plusieurs années par un ami de la famille, Odette se réfugie dans la danse pour évacuer sa colère et tenter de se construire malgré ce traumatisme. Elle raconte alors ses premiers cours de danse classique en région marseillaise avec ses copines d’école, puis les tournées des comédies musicales et ses projets personnels.

Le récit se mêle de façon magnifique à la danse, à la musique et à cette mise en scène dynamique, qui ne reprend pas son souffle. Le choix des mots demeure si fort que chacun d’eux diffusent une émotion sans précédent.

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Andréa Bescond, seule en scène, en jean, baskets et t-shirt large, sait (faire) rire de ces situations dramatiques. Mais sait aussi (faire) pleurer. Sa longue descente en enfer et sa relation impossible avec ses parents -à qui la jeune danseuse reprochent de n’avoir rien vu, de n’avoir jamais soupçonner les viols et de les réfuter encore près de 15 ans plus tard-,  nous poignardent au plus profond de nos êtres.

La comédienne jongle entre les personnages qui ont marqué sa vie. Son meilleur ami devenu dealer, le commandant de police qui prend sa déposition, la psy, la cour d’assises… autant de lieux et d’espaces qui ont meublé cette personnalité, pourtant jonchée dans un si petit corps.

Une danseuse accomplie, un courage immense, une émotion sincère, Les Chatouilles ont tout pour nous tirer les larmes des yeux.

Ma note : 10/10

Les Chatouilles, au Théâtre du Petit Montparnasse, du mardi au samedi à 21 heures.

© Stefan M. Photography