Les fiancés de Loches - MonParisCulturel.com

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Pour moi, 2017 a commencé avec une dernière. La toute dernière des Fiancés de Loches, pièce qui avait été jouée pendant de longs mois en 2016 -et qui avait obtenu le Molière du spectacle musical cette même année- et dont plusieurs représentations avaient été reprogrammées pour les fêtes.
J’avais déjà vu Tailleur pour Dames, un classique de l’auteur.

Étant passée de multiples fois devant les affiches dans le métro et ayant lu des dizaines de critiques de cette comédie musicale, je ne pouvais la louper.

Des quiproquos en chansons

Car il s’agit bien là d’une comédie musicale. Je ne suis pas toujours très réceptive à ce genre de pièce théâtrale mais il faut dire que Les Fiancés de Loches m’ont convaincue.

La pièce débute d’ailleurs en chanson et donne le ton. On découvre une agence de placement de domestiques, dont la file d’attente s’impatiente et qui s’énerve d’autant quand le conseiller “emploi” regarde sa montre et fait mine de mettre tout le monde à la porte… parce qu’il est midi !
Une situation d’actualité qui n’a pas manqué de faire rire la salle dès les toutes premières minutes.

Mais revenons à l’essence même de ce Feydeau : deux frères et une sœur (Eugène, Alfred et Laure) montent de Loches à Paris pour trouver des partis. Ils se présentent à l’agence matrimoniale (qui s’avère être en fait, l’agence de placement) et s’imaginent prendre pour époux le docteur Saint-Galier, sa sœur Rachel et sa fiancée Léonie.
Afin de remettre une couche Feydeau, il manque là-dedans la maîtresse du docteur, affriolante et excitée quand elle comprend que son amant qu’elle croit Colonel, va se marier avec une autre.

Magnifique mise en scène

C’est du Feydeau dans toute sa finesse et sa saveur. On rit aux larmes de ces quiproquos dont l’écriture est parfaite. Les contre-sens, les mots ambigus, les phrases alambiquées, tout est réfléchi pour que les personnages s’enfoncent dans leurs pensées respectives contradictoires.

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Si le texte fonctionne si bien, c’est aussi grâce à la musique. Certains passages chantés apportent une vraie plus-value aux scènes. Tout comme la scénographie et les chorégraphies qui accompagnent les paroles.
Enfin les costumes viennent eux-aussi renforcer les crises de rire et soutenir les discours des uns et des autres. Mention spéciale pour le pyjama orange d’Alfred (le “groom” de Rachel).

La dernière scène alourdit (un peu) la pièce

Seul petit bémol à mon goût, la longueur de l’ultime scène. Alors qu’après un court instant de changement de décor, on se retrouve dans un asile de fous. J’aurai aimé que la résolution de ces multiples quiproquos se règle plus rapidement. De nouvelles incompréhensions viennent surenchérir et alourdir la pièce, ce qui n’aide pas à rester attentifs.

Ma note : 9/10

© Émilie Brouchon