londresJe l’avais brièvement rencontré à l’occasion de la représentation d’Avant-Pendant-Après. Il m’avait seulement dit qu’il revenait de Londres, là où des étudiants de l’Institut Français s’amusent depuis plusieurs mois avec ses mots, ses jeux de mots. C’est très intéressant de voir que mon travail contribue un peu à faire vivre la francophonie.

À l’étranger toujours, Benjamin Oppert continue de se faire remarquer. En Allemagne notamment. YUKAZU est un groupe “gypsy-pop-ambiance Balkans”. “Les jeunes Allemands adorent se déhancher sur cette musique et sur mes textes chantés avec cet accent qui fait toute la différence. C’est beau, je trouve”, poursuit-il.

Sur la route de l’inspiration

Quand il n’est pas à Londres, Berlin ou Paris, Benjamin Oppert parcourt les routes de France. Son ordinateur n’est jamais loin. Il écrit selon son inspiration mais aussi selon les situations qu’il vit ou auxquelles il assiste. Il raconte notamment comment lui est venue cette scène dans Avant-Pendant-Après où deux femmes, au fond d’une église cancanent. “J’étais en résidence à la Maison des écritures de la scène à Saint-Antoine-l’Abbaye en Isère, un magnifique village médiéval. J’admirais la façade séculaire de l’abbaye quand j’ai entendu deux femmes discuter à côté de moi. Elles étaient complètement absorbées par leurs problèmes de lave-vaisselle. J’ai adoré ce décalage et j’ai écrit la scène dans la foulée.”

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Il aime traiter de situations absurdes mais aussi de sujets plus profonds et sérieux.
Depuis un an, il écrit une pièce dont le thème est d’actualité ces derniers mois. J’évoque le revenu universel. Un sujet politique vieux de 400 ans, dont les personnalités de droite et de gauche s’emparent, et qui peut toucher les sensibilités de tous les spectateurs”. Car ce qu’aime Benjamin Oppert avant tout, c’est que la salle ressorte avec des questions : “Parmi les autres pièces que j’ai écrit ‘Pater Familias‘ vient aussi faire réfléchir le spectateur“. Ici il traite de l’argent et de la famille. Elle a été travaillée sur les conseils de Michel Bouquet

Ressortir avec des questions

Sa deuxième pièce “Les Tentations“, écrite à l’âge de 26 ans, a été réinterprétée par trois metteurs en scène. En 2008, en 2012 et en 2016. Le pitch – Retrouvailles inattendues et à rebondissements entre un comédien, couronné par un Molière, et la Ministre de la Culture, son amour de jeunesse qui a des ambitions politiques… Comment un événement peut-il faire basculer le cours d’une vie ? À travers leurs péripéties, deux quinquagénaires font un bilan de leur vie pour mieux appréhender la suite de leur existence et de celle de leur entourage. Comment basculer du personnage de composition, que chacun de nous porte en lui, au plus beau rôle qui soit : celui d’être enfin soi même ? – pose là aussi de multiples questions. Entre morale, raison et folie. Le succès fut au rendez-vous. Plus d’une centaine de représentations a eu lieu dans différents théâtres parisiens et dans l’Hexagone.

La petite Histoire dans la grande

Benjamin Oppert vient de boucler la rédaction d’une nouvelle pièce : Les nombrils du monde, une saga familiale. Sur plusieurs générations d’auteurs de toutes sortes sortes (écrivain public, romancières, résistants et même adolescente écrivant son journal intime, les membres de cette famille se transmettent leur savoir, sur des supports et via des moyens différents. Ils suivent leur époque, leur technologie. “C’est une petite Histoire dans la grande en somme, pour montrer comment l’écriture est omniprésente en nous, autour de nous et nous accompagne à travers les siècles.”

Et il ne s’arrête pas là…

Benjamin Oppert additionne et additionne encore les projets. Il poursuit ses collaborations de publications et vient d’être approché par la télévision pour écrire des sketches en format court (dans le principe d’Un gars/Une fille). Encore un peu de patience, la thématique demeure aujourd’hui confidentielle.

© Benjamin Oppert via site officiel