L’exposition met en avant l’Afrique. Continent qu’on considère, à tort, comme sans Histoire. À travers quelque 300 œuvres, elle retrace les grandes époques, les déplacements des populations, des savoirs mais aussi de ses richesses naturelles, des plantes médicinales et personnages phares africains. Présentée depuis le 31 janvier, et ce jusqu’au 12 novembre au musée du quai Branly – Jacques Chirac, elle est en outre accessible aux moins de 26 ans gratuitement. Un moyen de faire connaître l’Afrique et faire réfléchir sur les enjeux de la colonisation notamment.

Les échanges de ressources naturelles

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Joseph Csacky

L’Afrique des routes, c’est d’abord l’Afrique des chemins (fluviaux et forestiers) qui relient les principales villes. Après les échanges avec l’Asie puis par les toutes premières expéditions, les Européens ont gravé des voies et ont peu à peu coloniser les populations. Via les chemins de fer, ils purent exploiter les ressources naturelles et les vendre. Le sel était très prisé, tout comme les perles, l’ivoire, le cuivre et l’or.On pense souvent à l’ivoire asiatique quand on évoque les œuvres d’art gravées, mais la plupart venait d’Afrique. Les défenses d’éléphants sont en effet plus grosses, donc plus recherchées“, précise Gaëlle Beaujean, responsable des collections Afrique au musée du quai Branly et commissaire de l’exposition. Les élites européennes commandaient directement des objets sculptés aux artistes africains. Ils gravaient l’ivoire grâce à des modèles envoyées depuis le Vieux Continent.

Le partage des savoirs et des religions

Un peu plus loin, on découvre que les échanges de ressources rimaient aussi avec partage de savoirs et de coutumes. Des plantes médicinales voyageaient à travers les communautés et les villages. Une manière aussi de sauvegarder et de valoriser les méthodes ancestrales.

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Mamy Wata

Les hommes ont également parcouru les routes de l’Afrique en emmenant avec eux, leurs religions et leurs croyances. L’Afrique était d’abord essentiellement musulmane (l’Institut du monde Arabe prépare d’ailleurs une exposition à ce sujet). Elle a été progressivement convertie de force au christianisme pour les Européens. On estime à 12 millions le nombre de personnes baptisées de façon imposée.

Dès le 20è siècle, les Africains vouent enfin un culte à Mamy Wata. Cette divinité de la mer convergent vers deux icônes féminines : la sirène ou la fameuse Mamy Wata. En Europe, une image circule : il s’agit de la charmeuse de serpent.

L’esclavagisme mis en lumière

Ces échanges, bien que déjà très présents sur le continent via les routes, ont explosé lors des premières colonisations. Le bateau à vapeur dès le 19è, puis les chemins de fer et même l’avion ont bousculé les modes de vie. En 1869, l’ouverture du canal de Suez a accéléré les rotations maritimes.

L’exposition revient particulièrement sur la traite et la déportation des populations noires. “Ce sujet est très peu évoqué dans les musées français, et nous tenions à ce qu’il apparaisse ici”, explique Gaëlle Beaujean. De nombreux objets et des récits racontent en effet, tout au long de l’exposition le traumatisme de la colonisation et de l’esclavage.

Une exposition très riche

Les œuvres proviennent de la collection du musée du quai Branly, du Louvre, de la BNF et de Pompidou. D’autres sont prêtées par des musées portugais et italiens. Des cartes interactives permettent de suivre siècle après siècle les déplacements de populations et des ressources.

Exposition l'Afrique des routes Musée du quai Branly

Reportage photo d’Olivier Joubert

Le film qui vient terminer la visite d’une vingtaine de minutes est passionnant par les images d’archives et les témoignages dont il fait part.
J’ai d’ailleurs beaucoup aimé la dernière partie. Elle est consacrée à l’art contemporain. Pas africain nécessairement mais qui traite de l’Afrique. J’ai notamment été émue par le reportage photo réalisé par Olivier Joubert qui suit un immigré jusqu’à Paris.

J’ai moins apprécié la scénographie et j’ai trouvé que les nombreuses œuvres avaient finalement peu de lien entre elles, ni en termes de chronologie ni en intérêt direct, d’où ma (sévère) note.

Ma note : 6,5/10

© Camille / MonParisCulturel.com