Être diva sur scène mais pas dans la vie. C’est sur ce concept que le spectacle D.I.V.A. a été créé en 2015. Cinq chanteuses lyriques revisitent les plus grands opéras en y ajoutant une touche de burlesque mais toujours avec perfection et exigence.

Poupées, clowns ou cantatrices ?

D.I.V.A.

Elles apparaissent debout sur des estrades. Dessus sont projetés des images multicolores représentant l’ambiance des opéras qu’elles nous livrent. La Flûte enchantée, Carmen, Les contes d’Hoffmann, Torca, La Traviata, Don Giovanni reprennent le temps d’une soirée, tout leur pouvoir et leur excellence. On reconnaît bien sûr les airs phares des immenses compositeurs d’opéras et on sort du Théâtre du Montparnasse emplis de Toréador, Toréador.

Elles sont cinq, moulées dans des costumes dignes des plus grandes extravagances vénitiennes. Les perruques – violette, rose, blanche -, les ronds rouges sur les joues tels des nez de clowns dans les cirques, les mélanges de genre (“chic and choc”), donnent l’impression que ces poupées sont tout droit sorties d’une boîte à ressorts. Chacune représentant les idéaux féminins : la diva enfant, la diva hautaine, la dominatrice, la naïve et la punk.

“D.I.V.A.-Drag-queens” en dix minutes chrono

D.I.V.A.

La difficulté pour ces cinq artistes reste, comme au théâtre, de camper quelques fois des rôles d’hommes. Les costumes, à la fois paillettes et collants troués, permettent aux cantatrices de changer de rôle, voire de sexe. Leur maquillage façon drag-queens permet au public de saisir immédiatement l’enjeu de l’opéra et de comprendre rapidement l’essence de chacun.

Car chaque opéra a été condensé en dix minutes. Dix minutes qui détonnent, où ces Spice Girls lyriques, accompagnées par un quatuor de cordes, nous racontent l’histoire tour à tour, d’un jeune homme “infidèle, pervers”, d’une jeune espagnole au milieu des corridas, du masochisme et la domination…

L’opéra accessible au grand public

D.I.V.A.

L’opéra est souvent vu comme élitiste et peu accessible au plus grand nombre. Ce spectacle de D.I.V.A. vient merveilleusement contrer cette idée. Mener les grands airs comme le font ces cinq chanteuses, au théâtre, dans des tenues décalées et déjantées, sous des chorégraphies disco, permettent à tous de connaître l’art lyrique et de l’apprécier à sa juste valeur. C’est beau pour les oreilles et pour les yeux, c’est comique, marrant et on s’éprend à vouloir fouler les marches du Palais Garnier pour écouter ces opéras dans leur totalité.

Ma note : 9/10

© J.Stey