La pièce n’a pas pris une ride. Tout y est : la liberté de mœurs, la séduction largement assumée, les divorces à la chaîne. Dom Juan reste bien lui-même après tant d’années… pour le bonheur des festivaliers d’Avignon !

En piste pour l’apologie de la liberté

Sur scène cette fois, il n’est pas le clown qu’on pourrait lui connaître. Au contraire, il est le seul sans nez rouge. Pourtant sur la piste circulaire, pareille à une piste de cirque, tout tourne autour de lui comme sous un chapiteau.
Le texte est savoureux, intacte bien que certaines scènes furent coupées pour plus de rythme. On reconnait dès les premiers mots, la pièce de Molière comme il l’avait imaginé à l’époque.

La mise en scène surprend oui, mais se révèle si délicieuse. Le travail de Mario Gonzalez puis d’Irina Brook, jouée à merveille par la Compagnie Miranda, nous présente l’univers de Dom Juan, burlesque, loufoque, clownesque.

Un classique ultra-moderne

D’autres passionnés m’ont conseillée ce spectacle que je n’avais pas de prime abord sélectionné. Et je dois dire que c’est une pure réussite. C’est à la fois drôle, extrêmement bien joué, parfois cynique et caustique mais toujours d’une véracité et d’une sincérité saisissante.

J’ai eu grand plaisir à revivre Molière, étudié durant la jeunesse et vécu au travers des mises en scène totalement éclectiques, de la plus traditionnelle à la plus contestataire. Celle-ci figure bien dans une autre catégorie : celle de la parodie.

Le public ne se lasse pas de ces sept excellents comédiens qui n’arrêtent pas une seconde. En parfaite osmose avec lui, ils jouent une heure et demi sans relâche dans le partage et la passion des belles lettres.

Ma note : 9/10

© Gaelle Simon et Fabien Debrabandère