Il est à l’aise sur scène. Loin de l’image qu’il traîne avec lui au quotidien. Quand il endosse ses rôles, Lionel O’Tann sort de sa carapace et revit : “J’ai toujours voulu faire du one-man-show. Les compagnies de théâtre, très peu pour moi“. Plus jeune, il raconte qu’il rêve en secret de ressembler à Dubosc ou à Foresti dans leurs premières scènes. Aujourd’hui il a d’autres sources d’inspiration : “J’entends toujours les mêmes clichés dans les spectacles sur les noirs, les arabes ou les juifs. Je voulais innover, alors mon show uniquement parle de moi, de mon enfance, de mes complexes“.

Pendant près d’une heure, Lionel O’Tann fait et défait la Bretagne et les noirs. L’auto-dérision comme fil rouge. Rappeur à casquette de Brest, blonde fraîchement débarquée à Paris, ou bond en Egypte à l’origine de son adoption, le jeune homme de 28 ans enchaîne les personnages.
Tous les sketchs ont été écrits pendant sa période estudiantine. Aidé par des coachs, il a mis deux ans à construire un spectacle complet. “J’aime bien l’actualité et les personnalités politiques, mais mes profs m’ont dit que pour l’instant ce n’est pas mon truc“. Laissant mûrir le jeu d’acteur et aiguisant son humour, Lionel O’Tann rêve de monter à terme, un show réunissant des musiciens. Pour le moment, il savoure le succès de ses premières représentations. Depuis début septembre, une quarantaine de spectateurs est venue l’applaudir.

Ma note : 7/10.

Lionel O’Tann dans “Lionel O’Tann, noir et Breton”, tous les jeudis soirs à 19 heures à la Cible (Paris 9e).