L'amour dans tous ses états - MonParisCulturel

Je commence à avoir vu pas mal de pièces de théâtre, mais je dois dire que celle-ci joue sur une mise en scène originale. Dans L’Amour dans tous ses états, on assiste à la rencontre de deux êtres, via Internet, leurs hauts et leurs bas, leurs attentes et leurs déceptions, leurs envies et leurs engueulades, le tout chez… un psy. Ou plutôt chez son psy, à elle. Elle le consulte toutes les semaines jusqu’au jour où elle convainc son cher et tendre de l’accompagner. On assiste alors à une séance de thérapie de groupe… dont le public est le principal acteur.

Le public, sollicité pour devenir acteur de la pièce

l-amour-dans-tous-ses-etats.MonParisCulturelOn peut dire réellement que le 4è mur tombe. Dans la salle du Splendid, les spectateurs font partie de la pièce. Régulièrement interrogés par le psy, ils se questionnent aussi sur leur propre vie, leur propre couple. Les réactions de ces deux personnages, lors du premier rendez-vous, au quotidien, en week-end chez des amis, font rappeler à chacun présent dans ces fauteuils rouges, des situations vécues.
Je m’attendais à un texte jouant sur les clichés sur le couple (genre “les femmes ne savent pas lire les cartes routières”…), mais quelle ne fut pas ma surprise, installée dans les sièges défoncés du théâtre, de constater que cette comédie est tout sauf une comédie qui surfe sur les lieux communs.

Rejeté, abandonné, humilié, trahi, sentiment d’injustice ?

L'amour dans tous ses états - MonParisCulturel

Les mots, bien plus profonds que ces phrases toutes faites, viennent faire réfléchir le spectateur sur les cinq blessures d’enfance qui modèle notre personnalité et nos relations amicales et amoureuses. J’avais lu le livre de Lise Bourbeau il y a deux ans et j’ai effectivement retrouvé dans cette pièce, les questions existentielles que chacun doit se poser pour faire un travail sur soi-même.

L’Amour dans tous ses états est une pièce d’une sincère fraîcheur. On rit, on cogite, on s’émeut, on s’énerve (un peu contre eux… mais aussi contre nous-même), on repense à nos anciennes relations, aux présentes et aux futures… le tout en communion avec la salle, car l’Amour avec un grand A demeura toujours universel !

Ma note : 8/10

Avec Camille Bardery, Hervé Pauchon, Éric Aubrahn.
Mise en scène de Victoire Theismann et écrit par Guy Corneau
© via Guy Corneau