Chacun d’entre nous a grandi avec les contes de Perrault. Posées sur nos tables de chevet, ces histoires ont façonné notre imaginaire. Petite, je rêvais de revêtir l’habit rouge du Chaperon et de gambader dans les bois ! La pièce écrite et mise en scène par Christophe Guillon nous dépeint une Mère-Grand adepte des jeux sado-masochistes, et une ‘Chap’ qui côtoie un Magicien qui ose et un loup qui ne croque pas les demoiselles. Un mix de contes d’enfance qui sur le papier fonctionne… mais qui sur scène, peine à décoller.

“Il était une fois”, c’est comme ça que débutent toutes les histoires de princesses et de chevaliers qui ont construit notre enfance. C’est donc logiquement comme ça aussi que démarre Dérèglements de contes, le nouveau spectacle de la compagnie Kélanôtre emmenée par Christophe Guillon. Le rideau s’ouvre sur une chambre jonchée d’accessoires fourrure léopard, menottes et strings en cuir. Le burlesque commence donc ici. Dans la chambre de Mère-Grand partie en voyage au Pays des merveilles. On découvre ensuite Belle (au bois dormant) -qui ne dort par vraiment- qui attend son prince (charmant…. ou pas) ; le loup s’en mêle, le Magicien qui ose aussi. Des autres personnages plus ou moins fantastiques complètent ce casting délirant.

Une histoire à dormir debout

L’idée originale de vouloir mélanger les contes se révélait plutôt bonne et insolite. Les princesses et autres monstres pouvaient tout à fait se retrouver dans une adaptation réfléchie et cohérente. Sauf qu’ici, les personnages tombent un peu comme un cheveu sur la soupe et l’histoire est justement légèrement tirée par les cheveux.

Si j’utilise des expressions françaises dans cette critique, c’est parce que le texte n’est basé que sur celles-ci. Le spectacle se revendique “Tontons flingueurs chez Perrault”. La comparaison est un peu osée et quelque peu lointaine. Les répliques du genre : “Quand tu as décroché, tu as dit ‘Âllo ?’, il t’a répondu ‘À l’huile'”, sont lourdes et le style répétitif.

Une comédie pas très rigolote

La pièce dure 1h35. J’ai trouvé le temps long et j’ai eu du mal à comprendre où tout cela nous mènerait. La pièce (pardonnez-moi encore l’expression), se termine en queue de poisson ne fait pas tellement réfléchir ni sur l’imaginaire ni sur le réel, et encore moins sur les frontières entre ces deux mondes.

J’ai rarement rit, souri quelques fois mais sans retenir les répliques sur lesquelles mes pommettes s’étaient soulevées. Dommage pour un vendredi soir…

Ma note : 5/10

© Compagnie Kelanôtre