C’est l’un des événements de la rentrée. André Dussollier remonte sur les planches parisiennes (au Théâtre du Rond-Point en septembre, puis au Théâtre Montparnasse dès octobre), après avoir joué son spectacle musical dans toute la France.

Récompensé du Meilleur Comédien aux Molières 2015, André Dussollier prend un réel plaisir à nous conter l’histoire de Novecento, ce pianiste des années 20, né sur le Virginian, paquebot qui traverse l’Atlantique plusieurs dizaines de fois par an. Pendant 32 ans, le prodige, tétanisé à l’idée de perdre son génie une fois posé le pied à terre, passe l’entièreté de sa vie à bord. Premières ou troisièmes classes, chaque voyageur de ce monstre des mers, a pu voir ses doigts frotter les 88 touches du piano noir de la salle de bal.

Un seul-en-scène musical et entraînant

André Dussollier n’est pas seul sur scène. Bien que le texte d’Alessandro Baricco soit un monologue (le comédien joue Tim Tooney, le trompettiste de l’orchestre du paquebot), l’acteur et metteur en scène s’est entouré de quatre excellents musiciens qui font vivre cette histoire insolite au public (conquis d’avance, il faut bien le dire).

Les années folles font naître avec elles, des rythmes musicaux plus entraînants que ceux connus jusqu’ici. Le jazz fait d’ailleurs son apparition et fait danser toutes les classes sociales. Sur scène, plusieurs airs qui swinguent allègrement, nous plongent dans ces superbes fêtes données sur les flots.

Une très belle mise en scène

André Dussollier, aidé de Stéphane de Groodt, a imaginé un spectacle tout en couchés de soleil, en ombres chinoises et en transparence. On passe de l’ambiance orangée du pont en bois flottant, aux rugueuses salles des machines, du rythme des vagues dans la houle aux thés dansants, sans même s’en apercevoir.

Je reste cependant un peu déçue par le débit de parole que le comédien a choisi pour nous embarquer dans cette folle histoire. Il donne tout et ce qu’il reçoit est bien mérité : la salle debout, les applaudissements incessants et les spectateurs qui guettent les artistes, comédien et musiciens, à la sortie de la salle pour un exercice d’autographes et de photos !

Ma note : 9/10

© Novecento – Christian Ganet via Théâtre du Rond-Point