Paul Landowski - Musée Mon Paris Culturel

Le sculpteur boulonnais Paul Landowski, à qui l’on doit le monstrueux Christ du Corcovado de Rio de Janeiro (Brésil), et la statue de Sun Yat-sen (le premier président de la République Chinoise), possède désormais un musée de son envergure au sein du musée des Années Trente de Boulogne-Billancourt.

L’histoire de ce personnage méconnu du grand public débute pourtant en 1900 lorsqu’il remporte le concours du Grand Prix de Rome. Son œuvre David combattant Goliath le propulse sur la scène mondiale. Il sculptera par la suite, essentiellement des monuments aux dimensions souvent impressionnantes, en marbre, en bronze ou, pour les plus petites pièces, en cire.

L’artiste qui a toujours vécu à Boulogne a reçu de nombreuses commandes d’institutions ou de privés. Plusieurs monuments emblématiques furent commandités par la Ville de Paris : 42 œuvres sont visibles dans les rues et dans les squares de la capitale.

Des monuments aux morts à Montaigne

Paul Landowski - Musée Mon Paris CulturelLes Parisiens passent devant ses réalisations sans même savoir qu’il en est à l’origine. Paul Landowski a pourtant conçu le célèbre Monument dédié à Montaigne présent devant la Sorbonne. Les étudiants, superstitieux ou pas, lui touchent régulièrement le pied en espérant leur réussite aux examens. Pour l’anecdote, cette statue était conçue en marbre blanc jusqu’en 1989. Avant cela, l’artiste “réparait” régulièrement les dégâts de cette pratique courante en consolidant le pied. Après sa mort – et pour des raisons évidents -, il a été décidé de remplacer le marbre par de la fonte noire, plus “facile” à entretenir.

Un peu loin dans le 6e, précisément au Panthéon, on peut découvrir Les artistes dont le nom s’est perdu. En continuant vers le Nord, sur l’Île de la Cité, on admire la Sainte-Geneviève qui trône sur le Pont de la Tournelle. La petite fille, protégée, tenant un bateau dans ses bras, représente la Ville de Paris. Le Petit Palais regroupe quant à lui plusieurs sculptures de petite taille (précisons, que l’entrée de ce musée est gratuite pour tous, tous les jours).
La mairie du 16è renferme aussi un très beau bouclier en marbre blanc dont le message signifie “La création est victorieuse sur la guerre”. Landowski associait toujours le réel et l’idéal.

Une scénographie paradoxale, à l’image de l’artiste

Paul Landowski - Musée Mon Paris CulturelL’exposition a justement été pensée autour de la contradiction entre la réalité et l’imaginaire. La personnalité paradoxale de l’artiste qui se considérait comme très moderne mais son travail reste aussi très classique fut l’un des points de départ de la scénographie. Par ailleurs, il était à la fois très critique envers ses contemporains (Bourdelle et Bouchard entre autres) mais extrêmement tendre en famille ; et dans son atelier, il assemblait sa vision réaliste et son envie d’imaginaire pour répondre aux commandes, en argumentant parfois longuement ses choix.

Le curieux visiteur chemine alors entre les pièces très fines et subtiles, et les œuvres monumentales, parfois strictes, toujours imposantes.

Le Temple de l’Homme, son projet majeur

Si l’œuvre monumentale du Temple de l’Homme ne vous dit vous pas grand chose, rassurez-vous, c’est tout à fait normal. Ce projet pharaonique que voulait concrétiser Landowski, n’a jamais vu le jour.

Il réfléchit à un monument dédié aux Hommes (les Dieux et la religion n’apparaît pas dans ces travaux), dès 1903. L’artiste qui voyage beaucoup, puise son inspiration dans ses escapades en Égypte, au Maghreb, en Grèce, en Inde aussi.

Il commence alors à imaginer un sanctuaire de 1 150 m2, surplombé d’une coupole ronde éclairée par des vitraux, et ce, sur 10,75 m de hauteur. Sur chaque mur, il dessine des bas-reliefs mélangeant l’histoire égyptienne, la grecque antique, l’hindouisme… Ce temple serait l’expression de l’Humanité libre.

Landowski qui avait été approché par des grandes fortunes de l’époque ne réussira pas à financer ce projet. Il demeura pour lui, le fil rouge de sa création et de sa vie.

Une médiation adaptée à tous, et innovante

Paul Landowski - Musée Mon Paris CulturelL’exposition qui comporte 60 sculptures, une diazine de dessins et d’esquisses peut être lue de diverses manière. Un parcours pour les enfants (magnets, extraits musicaux) permet d’appréhender le travail de Landowski de façon ludique.

L’application mobile lancée à l’occasion de cette ouverture renseigne le visiteur sur les œuvres de l’artiste, à Boulogne mais aussi dans les rues de Paris.

Certaines pièces de l’exposition m’ont beaucoup touchée. Il existe une véritable émotion dans le travail de Landowski. L’espace du musée alloué à son œuvre, reste assez limité. Il était bien entendu impossible d’exposer les originaux. J’aurai cependant aimé que des éléments de comparaison vienne compléter la lecture des œuvres. Par exemple, dessiner le Corcorado à côtés d’un immeuble de 9 ou 10 étages pour se rendre compte de la taille réelle des réalisations.

Ma note : 7,5/10


Musée Paul-Landowski – Musée des Années Trente à Boulogne-Billancourt.
À l’occasion des Journées du Patrimoine, le musée est en entrée libre !

© Camille / Mon Paris Culturel