Les Faux British - Mon Paris Culturel

Le succès ne se dément pas. Les Faux British continuent d’attirer la foule tous les soirs. Après avoir remporté le Molière de la Comédie en 2016, le spectacle se joue encore plusieurs mois, sans doute toujours à guichet fermé. Une belle réussite pour ces comédiens “amateurs” qui n’arrivent pas (ou presque) à boucler leur enquête policière : un meurtre a été commis dans un manoir anglais et le coupable rôde dans les parages…

On comprend rapidement que les “acteurs” sur scène ne sont pas très très professionnels. On assiste plutôt à un spectacle de fin d’année que des professeurs d’école ont organisé. L’un embrasse sa mère dans le public, quand une seconde termine d’installer le matériel nécessaire au bon déroulement de la pièce. Pourtant, ils ont bien l’intention de jouer ce texte soi-disant écrit par Conan Doyle en personne.

Les Faux British- Mon Paris CulturelUn désastre théâtral archi-millimétré

Rien ne se déroule comme prévu. Les tableaux au mur tombent les uns après les autres, les objets sensés aider à résoudre cette énigme disparaissent, des demoiselles se crêpent le chignon pour devenir celle qu’on acclamera à la fin. Le tout sur fond de vaudeville. Bref, le spectacle tourne en catastrophe. Pour le plus grand bonheur de la salle.

La mise en scène est particulièrement savoureuse. Les éléments de décor bien pensés et les gags s’enchaînent parfaitement. Le texte vient appuyer cette belle pièce. Le comique de répétition demeure parfois ennuyeux mais est habilement chassé par une boutade qui vient accélérer l’affaire.

Malgré les apparences, ces faux comédiens demeurent de vrais professionnels !

Une belle soirée entre amis

J’ai vu Les Faux British deux fois. La première, début d’année 2017, la seconde, il y a à peine quelques jours. J’y ai convié des amis. Je recommande d’ailleurs cette pièce pour une sortie conviviale le week-end.

Les équipes ont tourné et de nouveaux comédiens endossent les rôles de ces enquêteurs-acteurs du dimanche. J’ai trouvé que ces derniers étaient moins précis dans leur jeu. Certains gags ne fonctionnaient pas aussi bien que lors de ma première visite au Théâtre Saint-Georges… Dommage.

Toutefois, le texte, lui, n’a pas bougé. On rit toujours autant, et ça procure un bien fou !

Ma note : 7,5/10

© Fabienne Rappeneau

Le gros diamant du Prince Ludwig : road-trip malchanceux dans l’Amérique des années 60

Le Gros Diamant Du Prince Ludwig - Faux BritishL’équipe de la compagnie des Faux British a monté une seconde pièce intitulée Le gros diamant du prince Ludwig qui se joue depuis cet été au Théâtre du Gymnase. Sur scène, on retrouve les comédiens qui nous avaient tant fait rire au Saint-Georges.

Dans cette pièce, on assiste au braquage d’une banque, au cœur de l’Amérique des années 1960. Au moment où les voyons avaient bon dos, chacun voulait leur ressembler, quitte à repasser par la case prison. Comme dans Les Faux British, les personnages ne sont pas franchement professionnels dans leur entreprise. On assiste d’abord à l’évasion des malfrats de leur cellule, puis à leur voyage en voiture volée jusqu’à la City Bank, jusqu’au vol du diamant dans la salle des coffres.

Le super décor rattrape le texte qui planche

À mon sens, le scénario est beaucoup trop complexe. Il y a un nombre incalculable de personnages. Les costumes permettent en outre de bien les distinguer mais on ne comprend parfois plus qui est qui. Les changements de décor restent aussi quelques fois compliqués à suivre.

Niveau texte, on reste, pendant deux heures, dans du comique de répétition. C’est rapidement lourd et on anticipe les répliques. Pas de grande surprise donc…

Côté décor en revanche, j’avoue avoir été très étonnée – dans le bon sens du terme. Des innovations en terme de scénographie méritent d’être soulignées. Les comédiens utilisent chaque recoin de la scène… jusqu’à ramper dans les grilles de sécurité, réservées habituellement aux techniciens son et lumière.
Un autre tableau assez bluffant – sans tout dévoiler, je noterai simplement que les acteurs défient la loi de la gravité – vaut vraiment le coup d’œil.

Ma note : 6/10

© Jean-Philippe Court – C. Raynaud de Lage