cirque leroux MonParisCulturel1

Le quatuor d’acrobates du Cirque LeRoux revient à Paris pour quelques représentations à l’occasion des fêtes et reprend ses marques à Bobino. Présenté plusieurs mois l’année dernière, ce spectacle revisite le cirque de façon ultra-moderne. L’originalité du scénario et les prouesses techniques en font un show unique et incontournable.

Le rideau s’ouvre sur un décor années 30. Au mur, deux tableaux représentants les propriétaires de la demeure. Un bureau et un divan complète le plateau. En fond musical, on entend des conversations. Comme dans un film muet, les personnages sont présentés, en blanc sur fond noir, avec leur nom et leur rôle dans la pièce. Une jeune mariée s’éprouve pourtant d’un lord anglais… ou de son domestique. Ou peut-être bien des deux.
Encore cette femme et ces trois hommes, place à la séduction, au sexe et à la vengeance sur banquette velours !

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Des acrobates fous de talent

Ces quatre artistes excellent sur scène. Quand l’un exécute des pirouettes sur le secrétaire Louis XV, l’autre porte sa partenaire sur une main, comme si cela semblait naturel. Elle a l’air frêle, c’est vrai, mais la prouesse technique demeure énorme.

Les scènes de voltige sont véritablement impressionnantes. Plutôt que les hommes la draguent tour à tour, ils se “l”envoient” littéralement par les airs. Elle vole entre eux, comme pour marquer davantage la légèreté dont son personnage espiègle fait preuve dans ce spectacle.

Des artistes qui se mettent à nu (pour de vrai !)

Plusieurs tableaux de ce show touchent le spectateur à la fois par sa grâce et son émotion, que par ses numéros de mains à mains bluffants. L’un d’eux, par son ambiance chaleureuse d’un boudoir anglais, scotche la salle.

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Des dizaines de lampions tombent du plafond. Ils toucheraient presque le sol. La lumière qu’ils diffusent tamise la pièce où les deux  hommes se rapprochent. Sans tout dévoiler, il reste que leurs gestes tendres rendent la salle comme suspendue… Chacun retient son souffle.

L’érotisme (soft) se poursuit. L’allégorie du désir, via un tableau ressemblant fort à la cène, ne se fait pas attendre. Dans leurs plus simples apparats, les quatre artistes du Cirque LeRoux nous apparaissent pour quelques secondes.

Une très belle scénarisation

Mais n’oublions pas le fil de cette histoire : la jeune femme, dès les toutes premières secondes, manigance un meurtre. Seule, elle avance ses pions sur l’échiquier. Acte après acte. On comprend alors les raisons noires de ce geste et l’envergure de la folie assassine dont elle est atteinte.

Cette scénarisation, bien que morbide, est très bien ficelée et très belle. La musique est bien choisie, les lumières sont magnifiques, les costumes “so ridiculus“. Bref, le spectacle “The elephant in the room” présenté par le Cirque Le Roux reste un vrai beau moment à ne pas rater !

Ma note : 7,5/10


The elephant in the room, par le Cirque LeRoux à Bobino jusqu’au 7 janvier.
© Didier Philispart