la clef de Gaïa MonParisCulturel

Si le début de l’année théâtrale est riche de nouveautés, certaines pièces présentées cet automne sont encore à l’affiche. Elles ont été prolongées (ou vont l’être prochainement) suite au succès qu’elles ont remporté ces derniers mois. Zoom sur trois d’entre elles qui méritent une attention particulière.

Le couple en question dans Trahisons

Le Lucernaire accueille jusqu’au 18 mars la pièce Trahisons, comédie dramatique écrite par l’auteur anglais Harold Pinter. Elle met en scène une femme et deux hommes dans un triangle amoureux que rien ne semble arrêter malgré les tentatives d’éloignement des uns et des autres.

trahisons MonParisCulturelLe spectateur remonte le temps avec ces trois personnages. On assiste d’abord à l’entrevue dans un bar entre Jerry et Emma puis à leurs rendez-vous clandestins dans un studio de la banlieue de Londres. Le spectacle se termine sur la scène de leur rencontre neuf ans plus tôt, lors d’une fête organisée par Robert, son mari à elle, son associé à lui.
Si chacun garde en lui des gros mensonges, leur révélations seront encore plus secouantes.

Côté mise en scène, les décors changent très régulièrement, passant d’un restaurant italien implanté à Londres, à une chambre d’hôtel vénitien en une poignée de secondes grâce à un subtile jeu d’installation et de retrait de meubles du quotidien.

Avis donc aux amateurs de vaudevilles modernes !

Voyage au bout de soi grâce à La clef de Gaïa

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Dès les premières secondes, le curieux est transporté sous le soleil de l’Algérie. Installés au cœur du théâtre des Mathurins, sous une tente berbère blanche, Lina Lamara et son compagnon Pierre Delaup à la guitare, se livrent. Elle raconte les rêves de cette petite fille se voyant star de la soul. Il l’accompagne en musique, soutien inconditionnel pour se confronter à sa famille. Sous le poids des traditions et des normes sociales, elle lutte malgré tout.

La clef de Gaïa, au travers des yeux de Lina Lamara, conte la vie de Mouima, sa grand-mère, puis celle de sa maman et de ses 11 oncles et tantes qui se rassemblent le samedi autour de l’aïeule. Par ces histoires de familles, Gaïa surtout évoque sa propre enfance, sa double culture et son ascension dans le milieu artistique. Aujourd’hui, elle est celle qui est parvenu à devenir comédienne et chanteuse.

Dans ce spectacle, la musique tient un rôle majeur. Le guitariste, sans mots, répond aux questionnements de Gaïa. C’est par les accords que l’émotion résonne dans la salle. Et comme un messager du temps, elle facilite les flash-back entre passé, souvenirs, présent et ambitions.

Probablement les Bahamas : l’absurdité sur fond de cottage anglais

Présentée en novembre et décembre derniers à l’Artistic Théâtre, la pièce Probablement les Bahamas de Martin Crimp (anglais lui aussi) et mise en scène par Anne-Marie Lazarini, revient au printemps pour une série de nouvelles représentations.

Probablement les Bahamas MonParisCulturelSur le plateau, un homme de dos fait face à deux retraités. Ils racontent la vie de leur fils, sa femme et leurs (probables) vacances aux Bahamas. Calme dans sa chambre, une jeune fille au pair Hollandaise semble pourtant semer le trouble dans la maison.
Sur son canapé vintage, la maîtresse des lieux monopolise la parole, elle demande quand même parfois l’approbation de son mari (“Hein, Franck ?”). Elle répète plusieurs fois son discours encore et encore jusqu’à se demander si l’homme qui l’écoute est réellement dans le salon. Entre absurdité et réflexions sur la maladie, le public s’interroge…

Le décor qui rappelle un cottage de lotissement typiquement anglais est ingénieux : par une structure quasiment plate, les pièces de la maison sont dessinées. Un moyen pour le spectateur de voir tout ce qu’il s’y passe en un coup d’œil.

© Sylvain Guitz ; Alexandre Icovic ; Marion Duhamel – [Article sponsorisé]