2017. Ballet Béjart Lausanne La Flûte enchantée

Dix ans après la disparition de Maurice Béjart, sa compagnie Béjart Ballet Lausanne continue de lui rendre hommage à travers la représentation de cinq spectacles de La Flûte enchantée de Mozart. Pendant trois heures, c’est un opéra entier qui est dansé par 44 artistes. Les couleurs et la scénographie nous transportent dans cet univers féerique où la Reine de la Nuit s’impose inlassablement sur sa fille Pamino, le prince Tamino et un personnage fantasque au nom de Papageno. 

La Flûte enchantée est dansée sur deux actes, les mêmes que ceux imaginés par Mozart en 1791. Tout dans ce spectacle est identique à la version originale. À une différence près : ici, aucune cantatrice, mais 44 danseurs qui content cet opéra indémodable. Mieux vaut toutefois connaître l’histoire pour ne pas se perdre dans les tableaux qui s’enchaînent.

Trois heures d’opéra dansé

Créé en 1987, ce spectacle n’a pas pris une ride. Gil Roman, désigné comme directeur de la Compagnie véhicule la vision et l’excellence du chorégraphe disparu en 2007. Il a emmené cet opéra dansé aux quatre coins du monde. Ses danseurs ont d’ors et déjà enchanté Lausanne, Tokyo, Shanghai. Ils ont cinq jours pour envoûter Paris et le Palais des Congrès.

2017. Ballet Béjart Lausanne La Flûte enchantée

Ce spectacle magnifique a pourtant, à mon sens, quelques défauts. Le premier réside dans les longueurs successives dans le premier acte qui en ont découragés certains. Plusieurs spectateurs ont quitté la salle au moment de l’entracte. Les autres ont retrouvé le sourire à la fin du deuxième.

Seconde maladresse, le rôle du narrateur peu évident. S’il nous conte les dialogues des personnages à tour de rôle, il devient personnage à part entière à la fin du spectacle. Un peu déroutant et peu explicite.

Mon premier coup de cœur de l’année 2018

Malgré ces quelques points négatifs, je retiens de cette Flûte enchantée un très beau moment de danse. J’ai beaucoup aimé les costumes et les décors, à la fois sobres et élégants. 

2017. Ballet Béjart Lausanne La Flûte enchantéeTous les danseurs font preuve d’une technique incroyable. À la fois, classique et moderne (la princesse Pamina danse pieds nus), cette chorégraphie requiert un rude labeur… pour le plus grand bonheur des spectateurs. Petits et grands seront charmés par ce spectacle. Il fut pour moi, le premier coup de cœur culturel de l’année 2018 !

Ma note : 9/10


La Flûte enchantée de Béjart/Mozart, du 7 au 11 février au Palais des Congrès
© Anne Bichsel et BBL Gregory Batardon