On comprend pourquoi Francis Huster a remporté le Molière du “Seul en scène” en 2014. Quelle prestance et quel jeu d’acteur ! Chaque mot qu’il nous envoie, transmet une émotion forte. Et on se laisse emporter par ce tourbillon passionnant.

Le succès est tel que la pièce a été prolongée jusqu’à la fin du mois d’août.

Francis Huster, un caméléon

“Le joueur d’échecs” de Stefan Zweig, nous emmène aux frontières de la folie. Sur un bateau en direction de l’Argentine, l’auteur croise un ancien aristocrate, Monsieur B. Ce dernier est resté de longs mois enfermé dans une chambre de deux mètres carrés à peine, surveillé par la Gestapo. Durant sa détention, il a analysé, réfléchi, retenu toutes les combinaisons possibles pour gagner une partie d’échecs.
Et le voilà confronté au champion du monde de la discipline, Csentovic, personnage inculte et agressif. Le match qui dure plusieurs jours, tient tous les passagers en haleine. Comment va se terminer cette interminable traversée ?

Francis Huster brille, chaque seconde, par sa force de caméléon. Il campe, tour à tour, son propre rôle, celui de Monsieur B. et celui de la brute Csentovic. Pour preuve, la prestation de Francis Huster a été une nouvelle fois nominée aux Molières cette année. Il n’est pas reparti avec le trophée en avril dernier, mais il continue de recevoir l’approbation du public. Et c’est ça qui compte.

Ma note : 9/10

© Fabienne Rappeneau