Quand j’ai vu que Bigre traitait de trois personnages enfermées dans trois minuscules chambres de bonnes, j’ai réservé.

Bigre trois petites chambres de bonnes sous les toits

Ayant moi aussi vécu quelques semaines dans une pièce au 7e étage sans ascenseur d’un immeuble haussmannien, j’allais sans doute revivre quelques scènes dont j’avais été moi-même l’actrice.

Et ça n’a pas manqué ! Les toilettes sur le palier, les discussions entre voisins… qui profitent à tous, les cartons et les poubelles dans le petit couloir qui dessert les chambres… autant de situations cocasses qui arrivent régulièrement sous les toits.

Sans mots mais tout en gestes

Le spectacle est muet. Un peu surprenant au début, on se laisse porter par la mise en scène et les mimiques des comédiens. Cette prouesse est donc remarquable car presque aucun bruitage ni onomatopée sort des bouches des trois acteurs sur scène.

Tout est donc question de gestuelle et de mises en situations. Par une succession de stretchs parfois chacun chez soi (le trentenaire high-tech, le trentenaire tout maigre et écolo, et la minette au poisson rouge), parfois les uns chez les autres, on suit les aventures de ces trois jeunes qui deviennent amis, amants et qui déchirent.

Une pièce originale et drôle

Les premières minutes, qui posent le décor, m’ont semblé un peu longues. Je m’attendais à un peu de pep’s… mais vivre dans une chambre de bonne n’est pas forcément très joyeux. Ceci explique cela.

Bigre, Tristan Bernard (Paris), 24 mai 2016, © Fabienne Rappeneau

Cependant, les idées ingénieuses de la mise en scène (des éléments qui surgissent du décor, notamment) et la manière d’illustrer le vent, l’orage et le tonnerre est magique. Le réalisme de ces événements météo nous font presque croire à une (vraie) tempête.

On s’étonne aussi de rire des manies du quotidien de chacun de ces trois personnages. Leurs convictions profondes, leurs rêves et leurs questionnements. C’est très très fort. On rit beaucoup et on se prend d’affection pour la jeune femme au milieu des deux hommes, mais aussi des deux hommes, jaloux l’un de l’autre, car ils convoitent la demoiselle. La vie de quartier, en somme !

Ma note : 7/10

© Fabienne Rappeneau via Scene2-productions.fr