Noces de Sang. Compagnie de la Grue Blanche

L’exigence. Bien avant avoir découvert le tango, Maiko Vuillod jouait du violon. La pratique de cet instrument requiert une grande précision et une vaste concentration. Puis en 2009, elle s’est mise à danser : “Le tango, soit on adore, soit on déteste”. On le comprend, pour elle ce fut le coup de foudre.Musique Crédit Photo Jean Christophe FOSSEY.jpg

Pour la fondatrice de la Compagnie de la Grue Blanche, l’association de la musique, du chant et de la danse dans ses futures créations sonnait comme une évidence. Si bien qu’elle mit en place un premier spectacle de pièces chorégraphiques pour deux danseurs et un violon. Dans cette création baptisée “De Lorca au tango”, Maiko Vuillod partage la scène avec le chorégraphe Yannick Lhermitte. Ils présentent ce spectacle poétique à trois reprises, les 2, 4 et 5 février à la Folie Théâtre.

Du féminisme et des sentiments violents

mariage-hd-credit-photo-elodie-petitMais le projet pour lequel la Folie Théâtre lui réserve 30 dates est “Noces de sang“. Toujours de Garcia Lorca. L’auteur espagnol avait-il peut-être imaginé du flamenco sur son texte. Ici, c’est une fois de plus du tango qui s’invite à la fête. “Nous sommes restés fidèles à l’esprit de Frederico Garcia Lorca. Il aimait beaucoup la musique, la peinture, écrivait de la poésie, ce spectacle rassemble toutes ses réflexions, ses idées fortes”. Maiko Vuillod veut en effet, à travers cette pièce, faire cogiter les spectacteurs sur le sens de la vie, la passion, et la condition des femmes dans ces familles traditionnelles : “Je milite à titre personnel pour le droit des femmes. Je suis donc sensible aux textes qui traitent du sujet et celui-ci l’est particulièrement“.

Le dramaturge évoque généralement dans ses pièces l’amour déçu, la mort, la trahison. Ici, on assiste au mariage forcé d’une jeune femme, qui s’enfuit avec son amant, poussés ensemble par un désir aussi violent que l’acharnement qu’ils ont mis à vouloir l’étouffer.

Le violon accompagne la jeune femme, la clarinette, son fiancé

Pourtant cette tragédie n’est pas dramatique du début à la fin. “La mise en scène du mariage par exemple fait sourire, voire rire les spectateurs“. Pour y mettre encore un peu plus de couleurs, Erwan Zamor (dans la peau du financé), a imaginé et conçu des masques avec l’aide de la plasticienne Jentan Szejnok : “La pièce comporte 16 personnages. Nous sommes quatre acteurs et avons dû faire preuve de créativité”, poursuit-elle.

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Les quatre comédiens ont fait preuve d’adaptation sur certaines scènes. Si quelques textes étaient prévus par l’auteur pour être chantés, d’autres ont été remplacés par de la musique. Et uniquement de la musique. Le violon accompagne alors la jeune femme, et la clarinette se substitue parfois aux paroles du fiancé. “Le musique et la danse ne sont pas des intermèdes. Ils se mettent au service du texte pour faire passer d’autres émotions, d’autres sentiments et d’autres messages”. Cette scénographie revue fait également preuve de nouveautés par rapport aux anciennes représentations données l’an passé : le public découvrira désormais les instruments de musique suspendus au-dessus de la scène.

“Noces de sang” par la Compagnie de la Grue Blanche. Du 9 février au 16 avril à la Folie Théâtre (métro Saint-Ambroise). 11e.

© Élodie Petit et Jean-Christophe Fossey